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Mer 28 Nov - 15:09





où tout n’est qu’or, acier, lumière et diamants, resplendit à jamais, comme un astre inutile, la froide majesté de la femme stérile.
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La femme. Elle remue doucement dans son sommeil, recroquevillé sur elle-même et le museau dans le pelage de sa sœur. L’autre répond dans un murmure à une question bredouillée. Il est tard, ou il est tôt. C’est difficile à dire avec le soleil aux abonnés absents. Lovées l’une contre l’autre, les jumelles semblent identiques. Le père, pourtant, n’a jamais eu aucun mal à les différencier. Ce jour-là, il ne commet toujours pas d’erreur en réveillant la plus jeune des deux ; Cersei se débat quelques secondes, râlant et peinant à ouvrir les yeux. Ils sont collants et fatigués. Elle n’est couchée que depuis deux heures. Elle dévisage son géniteur, cherchant sans doute la raison de cet appel. Il ne dit rien mais lui ordonne d’un mouvement de tête de se lever. Elle obéit, ne montrant aucun signe de mécontentement malgré son corps qui demande grâce — la nuit perpétuelle commence sérieusement à la faire chier.
Ils émergent de la tanière dans un mouvement coordonné et le père ouvre la bouche dans l’intention de parler.

— On va s’entraîner.
— Maintenant ?
— Maintenant.


La môme lâche un soupir résigné. Le silence retombe lourdement entre eux. Ils n’ont jamais eu à beaucoup communiquer, se suffisant à eux-mêmes. Il la guide à travers le camp. Lui marche lentement, de la plus belle façon qu’un prédateur peut le faire ; ses mouvements sont amples et maîtrisés, dévoilant toute l’expérience accumulée au cours de ces années au service de la meute. Il se contrôle pleinement. Elle paraît pressée. Elle bouge plus vite, c’est presque saccadé. Ses muscles roulent sous sa peau, comme si son corps entier piaffait d’impatience. Il tend une patte pour la faire tomber — Il n’a jamais supporté qu’elle se dépêche à ce point. Un bon prédateur sait attendre. Pourtant, il écarquille les yeux quand la jeune guerrière roule brutalement sur le côté et se redresse dans un bon élégant et gracile. Elle a tout simplement esquivé son geste.
Il écarte les mâchoires, visiblement prêt à dire quelque chose avant de se raviser. Il hoche simplement la tête en signe d’approbation et calque son propre pas sur le rythme effréné de sa fille. Elle a un sourire arrogant sur les lèvres. Ensemble, ils commencent à courir jusqu’à atteindre le point où Penumbra s’arrête net. Elle l’imite, lui décochant un regard.

Un sourire vicieux apparaît sur la gueule du géniteur. Elle n’est pas tombée loin de l’arbre, Cersei. Elle lui ressemble comme deux gouttes d’eau ; et il est bien décidé à renforcer encore cet état en la façonnant à son image. Il pointe la jungle qui monte en pente sévère parsemée de végétation mourante et instable. Des cailloux roulent et meurent à ses pieds. Il veut qu’elle grimpe ? Elle le fera, et mieux que quiconque. Elle comprend néanmoins à son regard que ce n’est pas tout. Alors, les muscles bandés et les yeux brillants, Cersei attend.

— Tu vas me porter jusqu’au sommet.

Elle le reluque silencieusement durant une poignée de secondes et opine derechef. La volonté de son père est absolue. Sans plus de cérémonie, le mâle gigantesque et lourd s’installe sur son dos et pèse de tout son poids sur ses os frêles. Elle ploie d’abord, les pattes pliées à tel point que son ventre touche la terre. Elle ne renonce pas pourtant. Elle se force à se redresser autant que possible — malgré ses pattes qui demeurent partiellement fléchies — et à faire un pas. Puis deux. Puis trois. Ses mâchoires sont si serrées que ça lui fait mal. Elle s’entête néanmoins et commence son ascension. Une prise cède sous leurs poids réunis et Cersei vacille. Elle lance une œillade déterminée vers le sommet et balance toute son énergie dans ses pattes arrières pour faire un bond en avant. Son père ne l’aide pas, jouant seulement les poids morts. Il l’encourage avec des paroles dures, insinuant que c’est une femelle — Qu’elle n’en est pas capable, que seuls les mâles le peuvent. Ça entretient douloureusement sa névrose. Elle menace de perdre l’équilibre, sentant le terrain glisser sous ses coussinets, mais l’idée lui vient de transférer son poids sur son côté gauche où les prises sont plus solides. Elle réussit à se stabiliser en attendant que le sol s’arrête de bouger.
La patience ; voilà ce qu’il essaie de lui enseigner. Son souffle est court, son corps tremble. Elle est si concentrée que les rouages de son cerveau se mettent en transe. Une fois sûre que la terre décrochée est tout en bas de la butte, Cersei se remet à monter. Son cœur bat la chamade alors que ses pieds avancent d’un pas après l’autre. Elle tremble de plus en plus. Son souffle s’échappe en nuages de buée dans la nuit noire. Elle s’accroche. Elle plante ses griffes dans la terre meuble et continue de progresser, lentement mais sûrement.

Elle a monté les trois quarts quand son dos montre des signes d’épuisement. Son père le sent forcément. Elle perd en concentration et commet de plus en plus d’erreurs. Il lui semble que le monde chancelle sauf que c’est elle. L’oxygène peine à atteindre son cerveau qui s’embrouille. Le poids de son père s’amenuise. Elle ne sait pas si c’est réel pour une illusion balancée là par sa tête pour l’encourager à finir l’exercice ; mais ça marche et Cersei utilise ses dernières forces pour gravir les quelques mètres qui la séparent de la surface. Les mâchoires de son père claquent contre son épaule à chaque bond esquissé, et des mottes de boue et d’herbe sont arrachées au sol par ses pattes arrières puissances qui prennent de l’élan pour la propulser en avant.

Pourtant, une seconde d’inattention menace de la faire redescendre tout en bas. Sa patte postérieure s’appuie trop fort sur une zone instable qui cède et l’entraîne vers son point de départ. Son père l’empêche de s’effondrer en faisant barrage, lui qui a l’habitude de ces dangers-là. Il l’aide à se hisser au sommet de la butte où la guerrière s’écroule en haletant. Elle roule en position foetale, lançant un dernier regard à son géniteur qui s’assied à ses côtés. Il a une lumière approbatrice dans les yeux, ce qui la rassure un peu.

— Tu peux dormir, Cersei.

Elle lâche un gémissement semblable à un sanglot et sombre presque aussitôt dans le néant. C’est proche de l’inconscience et du malaise. C’est comme ça qu’on se surpasse et qu’on devient plus fort.

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Jour 2
Son père l’épargne, ce matin-là. Il juge peut-être avoir poussé le vice un peu trop loin la veille, parce qu’il ne l’arrache pas au sommeil. Quand Cersei se réveille, il est déjà tard. Sa sœur est lovée tout contre elle, occupée avec une bande de louveteaux mal peignés qui jappent à tout va. Elle grogne et se tord allègrement pour s’étirer. Ses muscles lui font mal. Toute courbaturée et abîmée, la môme paraît souffrir le martyr.
Amber lui décoche un regard et un sourire, comme souvent quand l’eau est calme. Elles ne se haïssent pas foncièrement, les sœurs. Elles sont plutôt comme un loup face à un lynx ; ça se bat généralement pour des proies ou du territoire. C’est ce que l’on appelle des ennemis naturels. De temps en temps, on signe une trêve. On se colle côte à côte et on se raconte des histoires effrayantes le temps d’un orage. Des fois. Ça ne dure jamais très longtemps.

Cersei bâille, demeurant là contre sa jumelle qu’un gamin essaie d’escalader comme s’il s’agissait d’une grosse montagne. Il chute et glisse le long des côtes de la plus jeune des filles d’Argent ; il rigole, venant lécher avec candeur les mâchoires de la guerrière qui râle. Elle le repousse sans violence et sans méchanceté, mimant un peu d’agacement pour se donner contenance. Elle n’aime pas les petits, pas vraiment. Ils sont faibles et vulnérables.
Sa sœur lui envoie une bourrade en guise de réprimande. Cersei en profite pour se lever, laissant le gosse se suspendre dans le vide, accroché qu’il est à son poils dense et monochrome. Elle ricane et se secoue. Il éclate de rire quand ses petites fesses rencontrent le sol.
C’est — même si Cersei ne peut pas l’avouer — des choses simples qui remplissent son cœur d’une innocence presque naïve. Jusqu’au moment où on l’appelle pour commencer sa journée de grande.

Ce jour-là, c’est autour de midi sonnante qu’on débarque dans la tanière pour l’arracher aux pattes des louveteaux. Ils gueulent leur mécontentement en la voyant disparaître. La journée se passe calmement ; les paires de guerriers se sont lentement dispersés sur le territoire pour assurer la sécurité des leurs. Coincée avec un mâle bavard, bien bâti mais affreusement limité sur le plan intellectuel, la tâche de Cersei s’est résumée à ne pas l’étriper au détour d’un bosquet.
Une fois les patrouilles et vérifications achevées — en urinant à des points stratégiques pour redonner un peu d’intensité aux barrières olfactives — la jeune guerrière rentre auprès de sa famille.
Les après-midi comme celles-là ont quelque chose de profondément ennuyeux. Rien ne se passe.

Pourtant, les visages sont graves au moment où Cersei et son partenaire débile pénètrent dans le camp. On se tourne vers eux et l’Ombre remarque même que des larmes coulent sur quelques joues. On lui apprend que l’un des mômes sous la responsabilité de Amber a disparu depuis plusieurs heures. Sa sœur chiale bruyamment, au point que ça serre le cœur à sa jumelle. Elle ne pense pas l’avoir déjà vu aussi ravagée. Elle supplie à voix basse pour qu’on l’excuse. Pour qu’on lui rende le gamin sain et sauf, aussi.
Cersei lâche un soupir lourd pour cacher le poids qui s’est installé dans sa poitrine. Le petit concerné, ce n’est personne d’autre que celui qui s’applique — depuis ses premiers jours — à la faire chier. Un rejeton que la jeune guerrière s’est risquée à aimer un peu depuis.

— Je vais le chercher. Il ne peut pas avoir été bien loin avec les boudins qui lui servent de pattes.

C’est au moins là son vœu le plus cher. D’autres volontaires se présentent spontanément, et bientôt on délimite une zone à chacun pour couvrir le plus de terrain possible. Parce que la jungle est un coin où la guerrière s’entraîne très souvent, on lui en donne la plus large portion. Déjà, dans un mouvement presque précipité, Cersei exécute un demi-tour sur ses positions et pousse violemment sur ses pattes arrières pour prendre de l’élan. Elle coure de toutes ses forces rétablies durant la matinée passée à dormir et subir les assauts des mômes pestiférés. Bientôt debout face à ce bout de terre qu’il lui faut écumer, Cersei comprend l’étendue du problème : il y a de la végétation partout, les pentes sont escarpées et souvent dangereuses. Trouver un gamin de quelques centimètres dans ce bordel relève du miracle.
Elle exhale un énième soupir et décide de procéder lentement pour ne pas passer à côté sans le voir dans l’obscurité. Elle déploie aussi toute la puissance de ses cordes vocales pour appeler le petit animal. Ses hurlements résonnent longuement dans la nuit, chant de misère qui vibre étrangement de tout son désir à le retrouver. Elle arpente les chemins plus ou moins sûrs, usant ses coussinets sur les cailloux qui mordent sa chair. Elle est sur le point de renoncer quand, au bout de deux heures, un gémissement échauffe ses oreilles. Elle se tourne dans la direction où elle pense l’avoir perçu. C’est minuscule et vacillant. Comme un pleur. Comme de la peur. Elle se dépêche jusqu’à lui, persuadée de l’avoir finalement trouvé. Elle pile violemment et trébuche en voulant s’arrêter juste avant de tomber dans un précipice. Ses flancs rencontrent brutalement la terre et la boue qui s’accrochent à son pelage, lui donnant soudain l’air d’une petite fille sale. Elle se relève prudemment, vérifiant tour à tour qu’aucun muscle ne s’est froissé dans le dérapage mal contrôlé ; rien ne paraît cassé, en tout cas. L’une de ses pattes, néanmoins, s’est tordue et de petites décharges électriques remontent le long du membre pour frapper sa colonne vertébrale.

Elle se penche au-dessus de la faille. Au fond serpente un torrent d’eau sombre dont elle perçoit le glougloutement et les fracas. Le courant semble puissant. Elle cherche le petit des yeux à la surface noueuse mais le remarque suspendu au-dessus du vide, accroché à la branche sèche d’un vieil arbre ayant poussé le long de la paroi rocheuse. Elle l’appelle d’une voix puissante, l’obligeant à lever les yeux. Elle croise son regard plein de terreur et sent ses poumons s’écraser dans sa cage thoracique. Elle se force à lui sourire avec douceur — étonnamment, c’est convainquant. Elle ressemble presque à un ange, comme ça.

— Je viens te chercher, d’accord ? Accroche-toi bien jusque-là.

Se prenant aux mots et ne perdant pas plus de temps, Cersei suit les courbes du précipice pour trouver des aspérités assez larges. Elle en devine toute une ligne qui descend de façon assez abrupte vers le fond. Il faudra que ça suffise. Elle s’avance, prudente et presque tremblante dans ses gestes. Elle a peur, il faut le reconnaître. S’il tombe, il meurt. Si elle sombre, elle meurt. Elle peut choisir la sécurité, bien sûr, et prétendre qu’il n’y avait rien à faire ; mais ce n’est pas dans sa nature. Ce gosse, là, il a besoin qu’elle le sauve.
Qu’elle essaie, au moins. Qu’elle meure peut-être en le faisant. Elle prend une profonde inspiration et commence sa descente vers l’Enfer. Le chemin rocheux est très étroit, l’obligeant à se plaquer contre la paroi afin de garder un peu d’équilibre. Elle vacille vers la gauche, repoussée par le vent qui charrie ses courbes. Elle croit tomber, mais non. L’entraînement reçu la veille lui a au moins donné un peu de dextérité pour appréhender les terrains sournois.

Le chemin « sûr » s’arrête très vite, l’obligeant à considérer la petite plateforme rocheuse située un peu en contrebas. Il faut sauter et sauter juste. Elle respire encore une fois, prend appui solidement sur ses pattes postérieures et saute dans le vide. Ses os émettent un craquement inquiétant en rencontrant le sol et ses pattes se dérobent sous son poids et la pression. Elle roule sur le côté où la plateforme s’étend pour ne pas tomber du côté où il n’y a que le vide. Les secondes s’écoulent. Cersei halète. Son souffle n’est plus qu’une succession de sifflements chaotiques et ses muscles convulsent d’être aussi crispés.

— Ça va. J’ai rien., que sa voix lâche en chancelant.

Elle se relève calmement et reluque encore les environs. Les prochaines plateformes sont fines et étroites. Elle les regarde, calculant ses chances très minces de réussite. Elle s’y résigne. Elle a déjà voté pour la mort plutôt que pour l’abandon, de toute façon. Autant y aller jusqu’au bout et disparaître en se disant que le maximum a été fait. Elle prend peu d’élan pour ce coup-là, espérant par là réussir à garder l’équilibre en atterrissant. Son saut lui permet de franchir l’espace entre les deux plateformes et de poser ses deux antérieurs sur la seconde. Au moment même où ses postérieurs touchent le sol, ses antérieurs le quittent ; elle pousse brutalement sur ses pattes arrières, se propulsant en avant. Elle atteint de très peu la plateforme suivante, le corps néanmoins à moitié dans le néant. Ses griffes labourent la roche où elle essaie de s’accrocher. Elle parvient à trouver des prises solides et à s’appuyer assez fort pour se hisser au sommet. Elle repense au poids de son père.
L’exercice du jour n’est pas plus difficile que celui de la veille. C’est seulement un entraînement. Il ne lui reste plus qu’une route pleine de trous béants à traverser et le petit sera à portée. Elle la foule en courant, esquivant avec soin les plaies de la terre, avant de s’élancer avec la violence qui la compose toute entière vers la paroi rocheuse où le louveteau est accroché. Ses griffes atteignent des aspérités mais ses muscles crient déjà à la folie.

— Fais-moi confiance. Je ne te lâcherai pas. Jamais.

Elle le prend à la va-vite entre ses mâchoires et serre volontairement un peu. Il a sans doute mal, mais c’est pour assurer sa survie. Elle sent sa prise sur le mur s’amenuiser jusqu’à disparaître complètement, et c’est la chute vertigineuse qui les accueille ensuite.

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Jour 2 — Deuxième partie
Cersei n’a sans doute jamais eu aussi peur avant ce jour. Ça lui est déjà arrivé, bien sûr, mais pas à ce point. Les images de sa jeunesse éphémère défilent devant ses yeux écarquillés alors que le mur rocheux disparaît de son champ de vision. Il n’y a bientôt plus que le ciel. Un ciel noir comme une énorme tache d’encre où la Lune trône en reine diabolique ; une Lune qui ne lui est d’aucun réconfort, d’ailleurs. Elle paraît même encore plus austère qu’à l’accoutumée, se penchant au-dessus de son corps happé par la gravité — presque comme si elle espérait la manger avant que l’eau boueuse ne le fasse à sa place.
Son cœur bat la chamade. Ses yeux coulent de mille petites larmes hyalines. La chute est interminable. Le gosse n’arrête pas de vomir un hurlement horrifié, et Cersei elle-même veut vomir toutes ses entrailles. Elle ne peut pas. Un seul mouvement de ses mâchoires peut envoyer le môme valser ailleurs. La pression sur son corps l’empêche de respirer. Elle peut seulement pleurer en silence et prier avec ce qu’il reste de son esprit morcelé. Elle pense à sa mère, à son père, à sa sœur et même à Finwë. À toutes ces figures qui ont eu de l’importance et une légitimité à ses yeux.

Le choc vient finalement. Il est encore plus violent que soupçonné ; son dos pénètre l’onde dans un plat total, émettant un claquement sinistre. Ses os craquent, ses poumons se vident d’un coup dans un unique crachat qui laisse le gamin s’échapper. Emporté par le courant, il est rapidement éloigné. La jeune guerrière a rompu sa promesse. Paradoxalement, la chose ne lui serre même pas le cœur — Elle est persuadée de ne plus en avoir. Son corps sombre sous l’eau, charrié par les vagues qui l’emmènent à chaque fois vers les profondeurs. Elle n’a pas la force de se battre. C’est comme si son être entier avait éclaté au moment de l’impact. Comme un météore qui explose au moment de percuter la Terre.
Elle ne pleure plus, elle avale de longues rasades de flotte boueuse. Elle dégueule et sent doucement la vie s’en aller. Dans son champ de vision, une ombre passe et lui paraît familière ; c’est la seule chose rassurante au milieu du noir qui prend progressivement le dessus sur sa vue éclairée. Elle est tombée, Cersei, et ce n’est même pas sur le champ de bataille. La honte pour une guerrière.

Elle entend qu’on crie. On hurle son nom désespérément. Quelqu’un veut qu’elle remonte, quelqu’un qui a de l’importance pour elle. Ses sens anesthésiés se réveillent péniblement. Ils remuent. Ils veulent la voir survivre. Elle commence à se lutter contre le courant en bougeant une à une ses pattes. Le rythme lui paraît mille fois trop lent pour ralentir sa chute, mais c’est faux. Au bout d’un moment qui ressemble à des heures, Cersei parvient à prendre un appui sur le fond du cours d’eau. Elle y prend tout l’élan possible dans ses pattes arrières qui menacent de se briser sous la violence du mouvement. Elle émet un cri qui se change en quelques petites bulles opalines ; mais la chance veut que ce geste à lui seul la sauve. Son visage crève la surface pleine de remous. Ses lèvres s’ouvrent en grand pour absorber tout l’oxygène contenu dans l’air et exhaler un sanglot de douleur. Ça se répercute dans tous les atomes qui la constituent.

— Sei ! Sei !

La petite voix peine à se faire entendre dans le capharnaüm du torrent — Pourtant, désespérée, Cersei la perçoit comme s’il avait poussé un hurlement. Il est accroché à un rocher glissant, parvenant à s’y tenir par miracle. Il est tout mouillé et ballotté par la houle ; la jeune guerrière comprend qu’il va falloir encore une fois agir au plus vite. Elle commence à nager à contre-courant, se débattant dans l’onde qui veut l’avaler. Elle bouge une patte puis l’autre, sollicitant tous ses muscles. Elle trouve un rodin lourd et s’y arrime le temps de reprendre son souffle. Elle est épuisée. Des taches noirâtres commencent à danser dangereusement devant ses yeux. Elle sent le malaise approcher, comme le lui rappelle à chaque seconde la nausée grandissante qui l’étreint au moindre mouvement esquissé. Elle se détache de son tronc et recommence à nager. Une patte puis l’autre, forçant encore et encore jusqu’à ne plus en pouvoir. Elle en oublie même de respirer. Quand Cersei rejoint le gamin, celui-là est tout tremblant et claque des dents. Il s’accroche à elle avec l’énergie du désespoir — Mais son poids de plume à lui seul suffit à la faire couler. Elle le prend contre elle et le serre avec les maigres forces qui lui restent ; ils vont mourir, c’est là une fatalité. Mais ils meurent ensemble, au moins. Il plante ses crocs minuscules dans la chair de sa gorge pour ne plus la perdre. Portés par le courant, ils descendent le torrent à toute vitesse et finissent par atteindre un coin où l’eau est plus calme, en plus d’être moins profonde.
Dans un ultime sursaut de son âme, la jeune guerrière se rappelle ce pour quoi elle s’est toujours battue jusque-là. La gamin est toujours attaché à son poitrail, les yeux fermés et le souffle arrêté. Il est sûrement déjà mort. Mais réanimée, Cersei réessaie une dernière fois de les sortir du pétrin. Elle s’enfonce dans les profondeurs et prend solidement appui sur ses pattes une fois au fond. Son visage est tout proche de la surface. Elle bat à nouveau des membres jusqu’à sentir l’air pénétrer dans ses poumons à la place de l’eau. Le gosse tousse à son tour après quelques secondes de silence inquiétant. Il est vivant. Rassurée par cela, Cersei recommence à nager, plus violemment. Elle n’a plus rien à perdre ; alors autant mourir d’épuisement. Elle n’a pas à se démener longtemps, la rivière s’achève dans une large étendue d’eau calme et peu profonde. Désormais sûre que le gosse n’est plus en danger, la Navnik cesse toute tentative de les sortir de l’eau. L’onde les crache sur les berges trempées et les laisse là, épuisés. L’inconscience la prend peu à peu, brouillant sa vue et troublant ses sens. Dans le noir qui l’enveloppe, loin de toute agitation, Cersei perçoit les appels déchirants de ses proches.
Elle voudrait que tout s’arrête, qu’on lui permette de partir pour que la douleur se taise. Elle serpente le long de sa colonne vertébrale et circule même dans ses veines. C’est trop. C’est fini.

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Jour 11.
L’eau a coulé sous les ponts depuis sa chute et ses blessures se sont refermées. Bien sûr, douée comme elle est — et imprudente, qui plus est — la jeune guerrière en a eu d’autres qui se sont ajoutées aux précédentes. Pourtant, peu à peu, en nourrissant sa routine dangereuse, Cersei prend goût à l’épanouissement. Son corps change au fur et à mesure de ses expéditions mouvementées et de ses entraînements secs. Peut-être que ses muscles et ses os pâtissent de tous ces chocs, mais les résultats sont néanmoins plaisants à contempler. On discerne de mieux en mieux sa force insoupçonnée au début, et son allure commence doucement à s’accorder avec son psyché en béton armé.
Son père aussi paraît fier de ses progrès.

Il est très tôt quand Cersei ouvre les yeux. La nuit est toujours profondément enracinée ce jour-là aussi, le soleil refusant toujours de se pointer. Elle observe un moment sa sœur qui bouge dans son sommeil, se rêvant sans doute chasseur ou guerrier. Un sourire goguenard glisse furtivement sur ses lèvres alors qu’un énième sarcasme s’implante dans sa tête : elle s’imagine sûrement héroïne alors que sa seule responsabilité consiste à mettre une branlée à des gosses. La Navnik taquine souvent sa jumelle à ce sujet, éprouvant un plaisir évident à souligner leurs différences. Elle lance un regard à ses parents, couchés eux aussi. Elle songe un moment à réveiller son père mais se ravise. Il est déjà resté tard à ses côtés pour se battre et lui apprendre le sens de la vie. De plus en plus, ces derniers temps, Cersei se montre curieuse à propos de lui, de sa rencontre avec sa mère et de ses idéaux personnels. Il en est toujours très étonné, la môme d’Argent le comprend aux œillades étonnées qu’il échange avec sa mère. Aucun des deux n’était préparé à ce que l’adolescente raciste et butée ne se change en quelqu’un de plus ouvert.

Elle bâille, s’étire en réchauffant ses muscles rongés par le froid. En quelques minutes, elle est dehors ; laissant sa couche humide dans son dos, la guerrière se coule en silence dans le campement. Elle le dépasse, lui aussi. Elle n’appelle personne. Elle n’a besoin de personne pour devenir meilleure — elle est décidée à se montrer digne de la confiance que ses proches lui ont témoigné jusqu’à présent. Elle se rend sur le terrain le plus escarpé qu’elle connaisse. Il est boueux, jonché de débris et régulièrement ravagé par des cours d’eau éphémères qui naissent avec les fortes pluies. Elle observe les alentours, considère ses opportunités et le chemin qu’il va falloir emprunter. Elle prend appui sur ses pattes arrières, comme toujours, et canalise son énergie. Elle la relâche soudainement pour piquer un sprint rapide et désiré, esquivant habilement les obstacles en changeant de quelques cils sa trajectoire ; une fois elle balance son poids sur ses pattes gauches, une fois sur les droites. Le tout pour éviter un arbre chétif. Elle sollicite soigneusement ses muscles, décidant duquel va travailler et duquel va se reposer. La muraille d’arbres dépassée, Cersei se concentre sur la mare saumâtre qui se répand à quelques mètres de là. Elle prend de l’élan et une profonde inspiration avant de sauter. Ses pattes retombent avec légèreté de l’autre côté, abandonnant quatre empreintes très nettes à l’endroit précis de la réception. Elle n’a pas tremblé, ni même bougé du plus petit centimètre. C’est un saut parfaitement exécuté, comme ceux que son père la félicite toujours de réussir avec une grâce presque éthérée.

Elle se permet ensuite une course effrénée sur de longs mètres, freinant brutalement par à-coups pour mettre ses ligaments et ses tendons à l’épreuve. Le but étant de ne pas glisser sur la surface molle et sournoise de la boue. Elle y parvient évidemment, manquant de chuter à quelques reprises. Une fois essoufflée, la Navnik se met en tête de sauter les troncs d’arbres couchés par des intempéries anciennes. Elle saute sur le plus gros qui est à peine aussi large qu’elle et court aussi vite que possible d’un bout à l’autre, sautant sur le grand feuillu allongé suivant une fois arrivée au bout. Elle joue comme ça à chat perché durant un moment, ne s’arrêtant jamais pour hésiter ou reprendre son souffle.
Finalement, après une heure de cascades contrôlées, Cersei se stoppe et se repose quelques instants. Elle ne comprend pas vraiment pourquoi son corps déborde tellement d’énergie depuis quelques semaines, mais c’est réconfortant.

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Jour 12.
Elle est prête, comme si souvent ces derniers temps. Son père émerge de la tanière, l’air encore un peu ensommeillé. Silencieuse comme une ombre, la jeune louve se glisse hors de sa planque — un buisson assez maigre où les feuilles tiennent par miracle — et se coule d’un pas très vif jusqu’à son géniteur. Elle prend de l’élan et saute prodigieusement sur lui qui lui tourne le dos ; ses deux antérieurs se serrent autour des flancs, s’assurant une prise plus ou moins sûre malgré le fait qu’elle se retrouve debout sur ses deux pattes arrières. Elle appuie fort sur ces dernières pour se donner une impulsion, de quoi atteindre la nuque de son père que ses mâchoires attrapent. Elle y plante ses crocs sans jamais esquinter vraiment la peau. Aujourd’hui, la Navnik est capable de se contrôler dans l’exercice ; évitant ainsi de blesser ses frères et sœurs de meute en s’entraînant avec eux. C’est un atout indéniable et une preuve de ses progrès récents.

Son père feint la surprise, lâchant un rire nerveux puis un « tu m’as bien eu » faussement enjoué. Quand il sent la méfiance de Cersei diminuer, il se jette violemment sur le côté. Déséquilibrée, l’adolescente chute. Son menton claque durement contre les os anguleux de la croupe paternelle, avant de mordre la poussière. Pas découragée pour autant, l’Ombre se redresse d’un bond nerveux et regarde son père rouler et l’imiter ensuite. Il la jauge, campé sur ses quatre membres fiers et épais. Elle a de la marge avant d’atteindre son niveau de muscle et de force, mais la môme ne s’inquiète pas. À la vitesse de ses progrès actuels, nul doute que c’est pour bientôt.
Elle attend une attaque mais aucune ne vient. Perdant donc patience, Cersei s’élance en avant et se jette le plus simplement du monde sur son congénère. Il l’intercepte et l’attrape à l’épaule, la tenant fermement entre ses crocs. La gamine d’Argent esquisse un grand sourire goguenard en le voyant, se laisse glisser jusqu’au sol ce qui oblige son adversaire à se pencher pour la garder sous contrôle. Allongée sur le dos, la guerrière assène une gifle mémorable de la patte gauche. Décontenancé, Penumbra écarquille les yeux. Elle profite de son désarroi pour réitérer son geste ; il encaisse le coup mais la relâche prestement pour rétablir une distance entre elle et lui.

Elle se relève, la queue balayant l’air. Elle émet un grognement peu convaincant, marquant par là sa réussite. Il hoche seulement la tête, un sourire en coin sur la gueule et lui montre le camp d’un mouvement de queue.

— Allez, au boulot petite insolente. On t’attend pour faire un tour de garde.

Pour cause, son père a raison : son partenaire pour la journée est assis à quelques queues de renard. Il patiente sans doute que père et fille aient terminé de s’amuser.

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Jour 18.
Les entraînements groupés, ce n’est définitivement pas sa passion. Si celui avec Torak lui a semblé utile, celui avec sa jeune sœur s’est révélé complètement stérile — sans compter la colère qui s’est répandue dans ses veines à cause de la morveuse. Elle n’est pas prête d’y retourner, c’est évident. Aussi s’oblige-t-elle à éviter soigneusement le mâle et sa famille de dégénérés. Elle est mieux seule. Elle l’a toujours été. Il n’y a aucune raison pour que les choses soient devenues différentes après seulement quelques heures passées avec des congénères.

Elle laisse la tanière dans son sillage, prenant dans ses bagages ses frustrations et son mécontentement. Elle ressasse beaucoup, étonnamment. Ses récents contacts lui imposent de s’interroger davantage sur ses relations avec les autres, à se remettre en question et à réfléchir ; autant de choses auxquelles Cersei n’a jamais accordé beaucoup d’importance par le passé. Elle se rend sur les lieux de son accident avec Jia, le jeune Sekmet. Il est temps de se débarrasser de ses angoisses en s’entraînant. Elle se concentre, se plaçant néanmoins un peu en amont du coin de sa chute. Une fois sur place, la jeune guerrière inspire profondément et réchauffe ses muscles. Elle prend son temps, les faisant rouler sous sa peau ; le prédateur recouvre la louve, étendant ses sens arachnéens ; ils deviennent une toile dangereuse qui piège les sons, les frémissements et les odeurs familières. Elle est seule. Complètement seule.

Elle commence par concentrer une petite quantité d’énergie dans ses pattes, prend son élan et saute à la dernière seconde, ses coussinets quittant alors le bord rocheux. Elle tombe gracieusement sur la petite plateforme suspendue au milieu du vide. Elle est stable sur ses quatre membres solides. L’obstacle suivant est une passerelle qui rejoint une autre plateforme. Le chemin est très étroit et irrégulier. Il s’élargit un peu, puis rétrécit. Elle prend une grande respiration et se met à courir vigoureusement sur la route fine, luttant contre le vent qui essaie de la faire glisser sur la gauche. Elle peut, maintenant. Son corps s’est endurci et ses muscles ont gagné en puissance.

Ses pattes se placent à une vitesse terrifiante l’une devant l’autre, sans faillir, évitant les cailloux sournois susceptibles de la faire tomber ; elle claudique, sautille, paraît presque danser sur la fine bande de roche. De l’autre côté, Cersei ne s’arrête pas pour autant. Elle force sur ses muscles, prend beaucoup d’élan par ce fait, et saute au-dessus d’un large gouffre. Ses pattes avant la réceptionnent agilement, suivies de ses postérieurs qui touchent le sol sans trembler. Et elle recommence. Encore et encore, allant et venant, faisant des allers et des retours — s’obligeant à se donner au maximum jusqu’à ce que ses poumons sifflent de fatigue. Là, seulement, la guerrière consent à s’arrêter.

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Janvier : Sixième jour.

Elle se rappelait des paroles dures de son père, lâchées sans finesse et sans tendresse devant ses camarades. Elle n’avait pas aimé ça. Pas du tout. L’humiliation était restée suspendue au-dessus de son dos durant des jours, la forçant à esquiver ses congénères pour ne pas être interrogée. En temps normal, son géniteur cachait leurs rapports de force permanents. Il se contentait d’apparaître distant en présence des autres loups, gardant ses reproches pour les moments où ils étaient seuls ; après tout, nul autre individu n’était autorisé à porter un jugement sur sa fille.
Avec le recul, Cersei s’était demandée pourquoi -ce jour-là- il s’était obligé à être brutal et méchant en ayant un public. Peut-être à cause de sa blessure ? Ou alors à cause du mâle qui était là ? Elle n’en savait rien. Chassant les pensées parasites, la jeune guerrière se glissa hors de la tanière familiale. Elle avait eu le bonheur de se réveiller avec les premiers rayons du soleil. La grosse boule de feu lui avait manqué ; sa lumière incandescente et jaune rendait le monde plus beau. Moins pâle et fade que sous les caresses de la lune. De meilleure humeur que la veille, Cersei esquissa quelques pas maladroits, les muscles encore endoloris. Un craquement dans son dos lui indiqua pourtant que l’échauffement n’était pas de mise aujourd’hui — elle huma l’air qui, malheureusement, ne lui apporta aucun indice sur l’identité de son ravisseur. Elle mima l’indifférence, jouant à la perfection le rôle de la naïve proie qui ignore l’existence de son prédateur. Elle s’étira nonchalamment, puis roula sur le sol. Elle exposait de cette façon son ventre duveteux et blême. Elle devait reconnaître que son adversaire était patient ; mais il ne pouvait pas l’être indéfiniment. Elle bâilla et laissa ses paupières tomber. Le jeune mâle dut y voir une occasion de la prendre par surprise car il se décida enfin à émerger de sa planque. C’était ce petit Sekmet, là, celui que Cersei avait sauvé quelques mois auparavant. Il avait drôlement bien poussé le garçonnet, depuis. Elle avait été choquée de la poussée de croissance ; elle avait même eu du mal à le reconnaître au début. Ses poils bruns étaient devenus blancs, seule une tache sombre subsistait sur son museau.

Il avait d’ailleurs choisi la voie des Guerriers, comme elle. À cause d’elle, en réalité. Ce jour-là, il devait se sentir assez en confiance avec ses capacités pour s’en prendre à une femelle plus dominante et plus puissante. Aussi sembla-t-il très étonné quand il se jeta sur elle dans un jappement, plaquant ses antérieurs sur les épaules de la fille Argentée. Elle utilisa son élan contre lui, le repoussant de toutes ses forces grâce à ses postérieurs. Hébété, le gamin s’envola presque et roula lourdement dans un capharnaüm de gémissements et de plaintes. Elle se releva lentement, particulièrement fière de l’avoir dupé. Les louveteaux étaient d’une naïveté sans bornes. Elle lâcha un rire nasal, se moquant ouvertement. Il se redressa d’un bond maladroit, le poil gonflé et l’air franchement contrarié. Ah… Il était vexé. Il grogna doucement à son attention, les crocs dévoilés. La scène lui rappelait vaguement son entraînement avec Pandora ; oui, maintenant Cersei connaissait le nom de la petite teigne qui servait de sœur à Torak.

— Entraînement ou vrai combat ? demanda-t-elle avec un doute dans la voix.

Il sembla décontenancé par sa question. Pour lui, à l’évidence, elle ne se posait pas. Ils étaient de la même meute, pas des ennemis. Ravie de remarquer le trouble dans ses billes et sa vigilance s’émousser, la guerrière se dépêcha dans la brèche et s’élança à toute vitesse. Pourtant, au lieu de lui sauter dessus, la jeune femelle pila au dernier moment, escalada un rocher en deux sauts puissants et se jeta brutalement sur l’apprenti. Celui-là tenta de l’esquiver mais trop tardivement, recevant la louve en pleine face tel un boulet de canon. Ils roulèrent ensemble sur plusieurs mètres, Cersei s’efforçant d’être en-dessous pour prendre les coups à la place du cadet. Une fois stoppés, les deux adversaires se remirent debout et se jaugèrent avec une lueur sauvage dans la prunelle. Ils se ressemblaient beaucoup, il fallait le reconnaître. Ils tournèrent l’un autour de l’autre, décrivant des cercles de plus en plus étroits. Ils étaient proches de se toucher. Le jeune mâle feinta, prétendant vouloir planter ses crocs dans l’épaule de la femelle expérimentée. À la dernière seconde, cependant, il se balança au sol et roula pour se couler sous le ventre de Cersei. Avant que celle-là ait pu réagir, il attrapa la patte arrière de la louve entre ses mâchoires d’adolescent et tira. La guerrière chuta, percutant la terre avec un ennui manifeste ; ce coup-ci, c’était elle qui le lui avait enseigné. Il avait foutrement bien enregistré ses conseils le merdeux.

Elle se releva d’un bond brutal, se dégageant en décochant un coup de patte féroce dans la tête du marmot. Un peu sonné, il eut toutes les peines du monde à se remettre debout. Il s’éloigna, les yeux fixés au sol et la queue balayant lentement l’air. Il marquait sa soumission et son retrait du combat. Elle respecta évidemment son souhait et hocha la tête.

— Tu t’améliores. C’est bien.

Un éclair de fierté passa furtivement dans les prunelles du gamin qui la remercia du bout des lèvres puis s’éclipsa quand son mentor déboula.

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Ven 11 Jan - 13:30





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Janvier : Onzième jour.

Elle avait tellement de détermination dans les yeux que c’en était difficile à ignorer. Ses proches ne la voyaient presque plus ; le matin, au réveil, ils remarquaient que son odeur n’était déjà plus que résiduelle, et le soir ils dormaient tous profondément quand la jeune louve rentrait. Elle devenait plus dure de jour en jour. Son père avait d’abord cru que sa gosse allait rejoindre le mâle blanc croisé lors de son entraînement groupé. Il avait décidé de la suivre discrètement pour démonter la gueule du petit prétentieux qui essayait de séduire sa fille.
Il avait été très étonné de la voir s’arrêter dans la jungle, seule. Puis, il l’avait regardé s’entraîner. Elle ne se ménageait pas, jamais. Elle se blessait, se relevait en ignorant ses plaies et reprenait les exercices avec plus de hargne encore. Il l’avait vu pleurer parfois, de frustration plus que de douleur. Il s’était reconnu dans ce comportement excessif, violent et auto-destructeur. Il n’était pas intervenu, lui avait rendu son intimité pour qu’elle puisse librement s’exprimer.

Depuis, Cersei continuait de se battre âprement contre la très lente progression de ses muscles. À ses yeux, son corps ne progressait pas assez rapidement. Il était définitivement trop lent à guérir de ses courbatures, de ses rhumes ou de son épuisement. Elle refusait de dormir trop longtemps, se couchant tard et se levant tôt. Ce jour-là ne faisait pas exception. Avant même que le soleil ne se montre, la jeune guerrière s’était glissée hors de la tanière familiale, puis avait quitté le campement paisible. Elle s’était engouffrée dans l’épais bois odorant, sachant bien où elle se rendait. Quelques jours plus tôt, lors d’un entraînement d’endurance, la louve avait dégoté un coin sympathique. Un point d’eau saumâtre au-dessus duquel s’étaient couchés de nombreux troncs fins et mouillés ; ils faisaient un parcours idéal pour mettre à rude épreuve son équilibre. Elle se dirigea donc vers lui, décidée à se donner toute entière. Les paroles de son père devant ses amis avaient laissé une trace profonde en elle qui désirait ne jamais paraître faible.

Elle grimpa souplement sur le tronc tordu qui touchait les deux extrémités du petit étang. Elle glissa ensuite délicatement sur l’écorce mouillée, d’abord lentement et en tremblant, avant de devenir plus sûre d’elle et de ses prises. Elle commença à courir sur l’étroite bande, luttant contre l’humidité qui menaçait de la faire chuter à l’eau. Elle parvint de l’autre côté, réitéra l’exercice en montant sur un tronc encore plus fin. Celui-là se plia étrangement vers le liquide quand elle arriva à son milieu. Elle l’entendit craquer, sauta gracieusement jusqu’à un autre tronc où elle atterrit, son corps vacillant et chancelant le temps de retrouver un équilibre solide. Le tronc sur lequel elle se trouvait précédemment se déchira et sombra dans l’onde pleine de vase. Elle reprit sa démarche en montant sur un autre rodin qui, celui-là, n’était attaché à rien. Il flottait seulement à la surface de l’étang, élément indépendant. Il roula aussitôt sous ses pattes, l’obligeant à courir de côté pour ne pas basculer. Elle y arriva plutôt bien durant quelques minutes, puis tomba dans l’eau. Son pelage s’imbiba de flotte, l’attirant vers le fond. La vase elle aussi cherchait manifestement à la retenir. La jeune louve se débattit brutalement, se mit à nager avec ferveur pour mieux regagner les berges meubles avec succès. Elle avait réussi. Elle se reposa le temps de reprendre son souffle, puis remit ses nerfs à l’épreuve.

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